Agrivoltaïque :Quand énergie renouvelable rime avec bien-être animal, productivité et résilience climatique
L’ agrivoltaïsme, pratique alliant production d’énergie solaire et activité agricole sur une même parcelle, s’impose comme une réponse concrète aux défis climatiques, économiques et environnementaux. En Nouvelle-Aquitaine, Pepigreen se positionne comme un acteur local à l’écoute des projets innovants, accompagnant agriculteurs et éleveurs vers une transition écologique et économique vertueuse. Décryptage des tendances, des bénéfices et du cadre réglementaire de cette révolution agricole, illustré par des exemples concrets et des retours d’expérience récents.
Les modèles économiques de l’ agrivoltaïsme : une diversité de solutions
L’ agrivoltaïsme s’adapte à une large gamme de productions agricoles, chacune tirant parti des synergies entre panneaux solaires et activité traditionnelle.
Élevage : bien-être animal et gains de productivité

- Ovins : Les moutons, grâce à leur petite taille, s’accommodent parfaitement des panneaux installés à 1-1,5 mètre de hauteur. Une étude INRAE de 2024 a confirmé une réduction de 25 % des coûts de santé animale grâce à l’ombre et à la protection contre les intempéries. Les brebis assurent même l’entretien naturel de l’herbe sous les panneaux.
- Bovins : Les structures surélevées (2,5 à 4 m) permettent aux bovins de paître librement, tout en bénéficiant d’un microclimat régulé. En Gironde, des éleveurs observent une meilleure résilience des troupeaux face aux canicules, avec un revenu complémentaire de 2 000 à 5 000 €/ha/an.
- Volailles et canards : Les ombrières solaires protègent les animaux du stress thermique, comme le montre un projet dans le Loiret où les canards se reposent sous les abris par 30 °C.
- Pisciculture : Les panneaux flottants limitent les variations de température de l’eau et améliorent la croissance des poissons, tout en produisant une énergie verte.
Viticulture et arboriculture : qualité et protection

- Vignes : Les ombrières dynamiques régulent l’ensoleillement et réduisent le stress hydrique, préservant la qualité des raisins. En Provence, des viticulteurs utilisent des persiennes solaires mobiles pour adapter la lumière selon les saisons.
- Arboriculture : Les panneaux protègent les vergers de la grêle et améliorent la valeur marchande des fruits, comme en Dordogne où des cerisiers sont désormais couverts.
Grandes cultures et maraîchage : résilience et rendement
- Les canopées agrivoltaïques pilotées (avec l’INRAE) ont démontré une résilience accrue en période sèche, avec des rendements similaires aux parcelles témoins, mais une meilleure conservation de l’eau.
Bien-être animal, productivité et emploi : les atouts majeurs

Amélioration du bien-être animal
- L’ombre fournie par les panneaux réduit le stress thermique, améliore la qualité du fourrage et limite les dépenses vétérinaires. Une étude de l’INRAE sur deux ans a mesuré une augmentation du temps de pâturage et une meilleure prise de poids chez les ovins.
- En élevage bovin, la réduction de l’évaporation préserve les ressources en eau et évite l’assèchement des pâturages.
Maintien et amélioration de la productivité
- Les rendements sont maintenus (voire améliorés en conditions extrêmes) grâce à une gestion fine du microclimat. En 2025, TSE a publié des résultats montrant une atténuation du stress thermique et une meilleure résilience des cultures.
Création d’emplois locaux
- Le secteur recrute activement : ingénieurs agronomes, chargés de projet, techniciens de maintenance. De nombreux acteurs proposent des postes dédiés à la synergie agriculture-énergie.
- En France, l’ agrivoltaïsme génère déjà des milliers d’emplois, avec une croissance soutenue des offres en CDI et en innovation.
L’agrivoltaïsme face aux intempéries : une protection multirisque

Le changement climatique multiplie les épisodes de grêle, tempêtes et vents violents. L’ agrivoltaïsme offre des solutions concrètes pour sécuriser les exploitations.
Une barrière contre la grêle
- Les panneaux solaires, surtout les structures mobiles ou équipées de filets paragrêle, amortissent les impacts des grêlons, réduisant les dégâts sur les cultures et les fruits. En arboriculture et viticulture, cette protection préserve la qualité et la valeur marchande des productions.
- Exemple : Dans les vergers de la Drôme, des ombrières solaires ont permis de limiter les pertes à moins de 5 % lors des orages de grêle de juin 2025, contre 30 à 50 % sur les parcelles non protégées.
Un rempart contre les tempêtes et vents violents
- Les installations agissent comme des brise-vent, réduisant l’érosion des sols et protégeant les animaux. En élevage ovin et bovin, les structures surélevées offrent un abri naturel.
- Cas pratique : Dans les Pyrénées-Atlantiques, un éleveur de brebis a constaté une baisse de 40 % des problèmes respiratoires chez ses animaux grâce à la protection contre les vents froids et les pluies battantes.
Adaptation aux fortes pluies et gels tardifs
- Les ombrières limitent le ruissellement et l’asphyxie des sols, tandis que les systèmes dynamiques régulent la température, protégeant les bourgeons des gels printaniers.
- Retour d’expérience : En Bourgogne, des viticulteurs utilisent des persiennes solaires mobiles pour couvrir les jeunes pousses lors des nuits froides, évitant ainsi les pertes liées aux gels tardifs.
Synthèse des bénéfices face aux aléas climatiques
| Risque climatique | Solution agrivoltaïque | Bénéfice direct | Exemple concret |
| Grêle | Panneaux + filets paragrêle | Réduction des dégâts sur cultures/fruits | Vergers de la Drôme (2025) |
| Vents violents | Effet brise-vent, structures renforcées | Protection des sols et des animaux | Élevage ovin (Pyrénées-Atlantiques) |
| Fortes pluies | Limitation du ruissellement | Préservation de la qualité des sols | Grandes cultures (Beauce) |
| Gel tardif | Régulation thermique nocturne | Sauvegarde des récoltes printanières | Vignobles de Bourgogne |
Cadre réglementaire 2026 : ce qu’il faut savoir

Le décret n° 2024-318 et l’arrêté du 5 juillet 2024 encadrent strictement les projets pour garantir la primauté de l’activité agricole.
Contraintes clés
- Taux de couverture : Maximal de 40 % de la surface (dérogations possibles pour les projets expérimentaux ou les technologies éprouvées).
- Surface inexploitable : ≤ 10 % de la parcelle.
- Réversibilité : Démantèlement obligatoire en fin de projet, avec garanties financières.
- Zone témoin : Obligatoire pour les technologies non éprouvées (5 % de la surface, max 1 ha), sauf si référentiel local disponible.
- Autorisations : Permis de construire ou déclaration préalable, avis conforme de la CDPENAF, compatibilité avec le PLU.
Technologies éprouvées
- Panneaux semi-transparents, mobiles ou fixes, adaptés à chaque type de culture ou d’élevage.
- Liste officielle des technologies validées par l’Ademe (à paraître mi-2026).
Sanctions
- Refus d’autorisation ou démantèlement en cas de non-respect des critères (rendement agricole < 90 %, impact négatif sur le sol).
Pepigreen, un partenaire pour une agriculture résiliente
L’agrivoltaïsme ne se limite pas à la production d’énergie : c’est un levier de résilience face aux défis climatiques, économiques et environnementaux. Pepigreen, en tant qu’acteur local, est a l’écoute des agriculteurs et éleveurs dans la mise en place de solutions sur mesure, alliant productivité, bien-être animal et protection des cultures. En intégrant ces innovations, les exploitations gagnent en stabilité et en durabilité, tout en contribuant à la transition énergétique.
Pour aller plus loin :
- Contacts : Chambres d’agriculture, Ademe, France Agrivoltaïsme.
- Ressources : Décret n° 2024-318, études INRAE, retours d’expérience TSE et Sun’Agri.


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